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Sur les traces de Klimt à Vienne : journal d'une journée

Sur les traces de Klimt à Vienne : journal d'une journée

Gustav Klimt (1862–1918) a passé toute sa vie à Vienne. Il n’a jamais quitté la ville durablement, n’a pas voyagé comme ses contemporains européens, et a trouvé dans Vienne — ses commandes, ses scandales, ses collectionneurs, et son rejet officiel — le matériau de toute son œuvre. Suivre Klimt à Vienne, c’est suivre l’histoire de la modernité viennoise.

Voici comment passer une journée complète sur ce parcours.

Matin : le Belvédère supérieur

Prinz-Eugen-Strasse 27, 3e arrondissement. Ouverture à 9h00.

Le Belvédère supérieur abrite le plus grand ensemble d’œuvres de Klimt au monde — dont Le Baiser (1907–1908). La salle principale du rez-de-chaussée est organisée autour de cette œuvre : fond doré, deux figures enlacées, le basculement entre la décoration et l’émotion qui définit le style Klimt.

La visite privée Klimt au Belvédère avec la visite guidée privée Klimt au Belvédère contextualise les œuvres dans la chronologie de la Sécession viennoise — sans guide, les connexions entre Judith (1901), Les Trois Âges de la femme (1905), et Le Baiser sont moins évidentes.

Ce qu’il ne faut pas manquer : la salle du Biedermeier (premier niveau), qui montre ce contre quoi Klimt et ses contemporains réagissaient. Le contraste entre le style bourgeois du XIXe siècle et la radicalité de Le Baiser est plus percutant dans la même institution.

Milieu de matinée : la Sécession

Friedrichstrasse 12, 1er arrondissement (proche de la Naschmarkt). Ouverture à 10h00.

Le bâtiment de la Sécession (1897, conçu par Joseph Maria Olbrich) est l’institution fondée par Klimt et ses collègues après leur rupture avec l’Académie des beaux-arts officielle. La coupole de feuilles de laurier doré est reconnaissable depuis la Ringstrasse.

À l’intérieur : la Frise Beethoven (1902) — une peinture murale de 34 mètres de long que Klimt a réalisée pour l’exposition de la Sécession dédiée à Beethoven. Elle a failli être détruite, a été divisée en sections, et est aujourd’hui exposée dans le sous-sol du bâtiment dans sa quasi-totalité. C’est la peinture murale la plus importante de Vienne et une des œuvres les plus complexes de Klimt — l’entrée seule vaut la visite.

Déjeuner : quartier de la Naschmarkt

Le marché Naschmarkt (Wienzeile, 6e arrondissement) est à deux minutes à pied de la Sécession. Déjeuner au stand ou à la terrasse d’un des restaurants de la partie nord du marché (côté Karlsplatz) : tarama, olives, fromages, Liptauer, bière Ottakringer. Budget 10–15 €.

Après-midi : le Musée Léopold

Museumsplatz 1, 7e arrondissement (MuseumsQuartier). Ouverture à 10h00.

Le Musée Léopold abrite la collection de Rudolf Leopold — 5 000 œuvres de la Sécession et du Jugendstil, dont 41 peintures de Schiele et plusieurs Klimt importants. Les œuvres de Klimt ici sont plus expérimentales que celles du Belvédère — moins connues, plus directes.

La connexion principale : Klimt était le mentor de Schiele. Les deux œuvres se lisent ensemble. La confrontation entre les nus de Schiele et les compositions dorées de Klimt dans la même institution est la meilleure façon de comprendre la Sécession viennoise comme mouvement.

Ce que le parcours montre

En une journée — Belvédère, Sécession, Musée Léopold — vous voyez Klimt dans sa phase tardive (Le Baiser), dans sa phase révolutionnaire (la Frise Beethoven), et dans son influence directe (Schiele au Léopold). C’est environ 6 heures de musée, intense mais sans redondance.

La Villa Klimt (Feldmühlgasse 11, 13e arrondissement) — son dernier atelier, reconstruit — est disponible pour les visiteurs dédiés et ajoute une demi-journée supplémentaire. Mais c’est optionnel : le programme Belvédère–Sécession–Léopold est complet en lui-même.