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L'hiver à Vienne : journal d'un séjour de janvier

L'hiver à Vienne : journal d'un séjour de janvier

Personne ne m’avait dit que janvier à Vienne serait aussi tranquille. J’avais entendu parler des marchés de Noël (novembre–décembre) et des festivités du Nouvel An et de la saison des bals viennois (janvier–février), mais pas de la qualité particulière de Vienne un mardi après-midi de mi-janvier, quand le Kunsthistorisches Museum a moins de visiteurs qu’une bonne bibliothèque publique et que la queue au guichet de Schönbrunn est pratiquement inexistante.

Je suis allé pour quatre jours. Voici ce que j’ai trouvé.

Les musées, enfin

Le Kunsthistorisches Museum (KHM) en janvier est une institution différente de celle que je connais en été. Un mardi à 10h30, j’étais le deuxième à entrer dans la Salle Bruegel (Salle X). J’ai passé trente minutes à regarder La Tour de Babel (1563), Chasseurs dans la Neige (1565) et les Jeux d’Enfants (1560) sans me battre pour trouver ma place. Chasseurs dans la Neige — celui que vous connaissez de tous les calendriers d’art d’hiver — dans l’original, dans une salle presque vide, en janvier, avec la lumière grise de l’Autriche filtrant par les hautes fenêtres du musée, est une expérience différente du même tableau bondé en plein été.

Le Belvédère supérieur à 9h15 un mercredi : la salle du Baiser de Klimt avait quatre autres visiteurs à mon arrivée. C’est l’argument entier pour visiter Vienne en hiver.

La messe du dimanche des Petits Chanteurs de Vienne

Je n’avais jamais réussi à assister à la messe du dimanche à la Burgkapelle (la Chapelle Royale dans le Hofburg) où les Petits Chanteurs de Vienne chantent à 9h15 les dimanches (septembre–juin). Janvier a libéré l’agenda.

La Burgkapelle est une petite chapelle gothique à l’intérieur du complexe du Hofburg — capacité d’environ 100–120 personnes, accessible par une cour que la plupart des visiteurs du Hofburg ne trouvent jamais. Les billets sont disponibles à l’avance (5–29 €) et il y a typiquement une queue dès 8h30. Les chanteurs interprètent le répertoire classique de la messe — Haydn, Schubert, Mozart — et l’expérience d’entendre les Petits Chanteurs dans un petit espace gothique avec toute l’histoire des Habsbourg dans les murs environnants est extraordinaire.

Note honnête : Les chanteurs chantent dans un jubé au-dessus de la congrégation, invisibles. Vous les entendez mais ne les voyez pas. C’est soit plus soit moins atmosphérique selon vos attentes. L’acoustique de la petite chapelle gothique est excellente. Notre guide des Petits Chanteurs de Vienne donne plus de détails sur la logistique.

Schönbrunn en janvier

J’ai visité Schönbrunn le mardi — sans réservation coupe-file, me suis approché du guichet à 9h30, ai acheté un billet Grand Tour (36 € en janvier au tarif plein — le même qu’en été mais la majoration coupe-file est inutile). À l’intérieur à 9h45, seul dans la salle Napoléon pendant six minutes.

Le jardin de Schönbrunn en janvier est nu et géométrique — le parterre formel dépouillé de ses plantations d’été, les haies taillées en arrière, les bassins des fontaines vides. La Gloriette sur la colline est toujours accessible (30 minutes de marche par un matin froid et clair). La vue depuis la Gloriette sur un Vienne gris n’est pas moins belle que la version estivale — différente, peut-être plus honnête.

Les cafés

Janvier, c’est la saison des cafés. Les Viennois vont au café en toutes saisons, mais janvier — froid dehors, radiateurs allumés, journaux sur leurs supports en bois — est le moment où l’institution a tout son sens. J’ai passé un après-midi au Café Bräunerhof (Stallburggasse 4) à lire un long article sur le service postal austro-hongrois. Personne ne m’a demandé de partir. Personne n’est venu vérifier si j’avais besoin de quelque chose. Le Großer Brauner était à 4 €.

La saison des bals

La célèbre saison des bals viennois s’étend de janvier à la première semaine de mars — des centaines de bals, du Bal de l’Opéra (le plus grand, télévisé, 500 € par personne) au Bal des Propriétaires de Cafés, au Bal des Pharmaciens, au Bal des Ramoneurs. Les bals sont de véritables événements sociaux pour les Viennois, pas des spectacles touristiques, bien que certains bals vendent des billets aux visiteurs.

Si un bal figure sur votre liste de choses à faire à Vienne, janvier–février est le seul moment. Le Wiener Philharmoniker Ball (le propre bal de l’orchestre, tenu au Musikverein) et l’Akademikerball sont parmi les plus prestigieux. Le Bal de l’Opéra (dernier jeudi du Carnaval, généralement fin janvier ou février) demande des billets des mois à l’avance.

J’ai assisté à un concert de chambre au Haus der Musik le jeudi soir — les bals de la saison avaient lieu dans d’autres salles, et les concerts de janvier au Musikverein étaient complets (la période de Noël–Nouvel An est la demande de pointe pour les concerts). C’est la leçon de planification de janvier à Vienne : réservez les concerts plus tôt qu’en été, parce que la saison des bals remplit la ville.

Ce que l’hiver réussit

Pas de queue aux palais. Pas de queue au Belvédère. Pas de queue au Kunsthistorisches Museum. Le Naschmarkt est calme et entièrement achalandé (les marchands ne partent pas en hiver). Les cafés font ce pour quoi ils sont faits. Les salles de concert sont à leur niveau d’activité maximal (la saison va d’octobre à juin ; juillet–août est la hors-saison).

Les températures (0–4 °C en moyenne en janvier, parfois -10 °C avec le vent) nécessitent des vêtements adaptés — manteau en laine, bonnet, écharpe, bottes chaudes. Mais Vienne n’est pas très en extérieur en janvier ; les galeries, les cafés, les salles de concert et les restaurants sont la ville en hiver.

Le guide de la meilleure période pour visiter Vienne couvre les quatre saisons en détail. Ma réponse personnelle est septembre–octobre, mais janvier est mon deuxième choix.